La Méthode Suzuki

Apprendre, développer, encourager, communiquer …

Shinichi SUZUKIShinichi SUZUKI est né en 1898 à Nagoya (Japon).
Ses parents étaient luthiers, mais malgré cet environnement familial, il ne reçut aucune formation musicale. Cependant il eut l’occasion d’entendre un enregistrement du violoniste Mischa ELMAN, ce qui détermina sa vocation.

Suzuki commença l’étude de violon en écoutant et en imitant ce qu’il entendait dans les enregistrements des grands concertistes. Il fit un séjour en Allemagne où il étudia avec Karl KLINGER. Rentré au Japon, il rencontra beaucoup de difficultés à cause de la seconde Guerre Mondiale.
Ceci le motiva pour apporter aux enfants un épanouissement de leur vie, et ainsi les influencer positivement grâce à la musique, et à partir surtout de l’écoute, ainsi qu’il l’avait fait pour lui-même.

Ce qu’il cherchait avant tout, c’était de développer la sensibilité et la réceptivité des enfants à la belle musique. Son but n’était pas d’en faire des virtuoses, mais d’éduquer leur goût du travail, de l’effort, de la concentration, le sens des responsabilités et le respect de la discipline.

Il a compris qu’apprendre aux enfants à entendre, apprécier et créer de la belle musique, développait de grandes âmes, et apportait au monde, paix et sérénité. A cette fin, il a utilisé le concept: « Personnalité d’abord, virtuosité après » reconnaissant que le développement de talent musical était secondaire par rapport à celui de la nature morale.

Suzuki avait remarqué, lors de son séjour en Allemagne, et tandis que lui même adulte, avait des difficultés à apprendre la langue, que les enfants allemands parlaient couramment et avec aisance , leur langue maternelle. Observant qu’il en était de même pour les enfants de tous les pays, qui apprenaient à parler naturellement en entendant et en répétant les sons, et en recevant un encouragement enthousiaste, il a appliqué le principe de la « Langue Maternelle » à l’enseignement de la musique.

Le Docteur Suzuki a crée l’Ecole de Musique de Matsumoto et l’Institut de Recherche d’Education de Talent au Japon. Dans les années 1960 des élèves de Suzuki en voyage au U.S.A. ont fortement impressionné un groupe de professeurs de musique. Cette méthode s’étant propagée , il y a actuellement aux États-Unis, des milliers d’élèves étudiant le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse, la guitare, la harpe, le piano, la flûte traversière, la flûte à bec, et aussi la voix. La Méthode Suzuki est actuellement enseignée dans 38 pays avec plus de 400,000 élèves dans le monde.

Les 8 principes de base de la méthode

  • Engagement des Parents : Les parents jouent un rôle essentiel dans le « Triangle de Suzuki. » Non seulement ils assistent aux leçons et apprennent les concepts avec leurs enfants, mais ils ont aussi le rôle « D’Enseignant à la Maison. » Il n’est pas nécessaire pour le parent d’être musicien, mais de comprendre le processus de l’apprentissage, et d’encourager l’enfant dans ses efforts.
  • Commencer très tôt : Les tout jeunes enfants sont très réceptifs. Il est stupéfiant de constater la facilité avec la quelle ils peuvent acquérir des connaissances et les retenir dés leurs premières années. Ceci est vrai pour la musique, et Suzuki l’avait compris que tous les enfants apprennent à parler dans leur langue maternelle dès leur très jeune âge, avec une grande facilité et qu’ils sont très réceptifs à toute nouveauté, y compris celle de la musique.
  • Apprendre à Écouter : C’est en entendant parler autour de lui que l’enfant apprend à parler. La répétition des mêmes sons permet à l’oreille et au cerveau de les reconnaître et de les d’imiter à partir de l’audition devenue familière. Les élèves écoutent ainsi quotidiennement des enregistrements de répertoire Suzuki facilitant la reconnaissance et la répétition des morceaux de la musique.
  • Répétition : Lorsqu’un enfant apprendre un mot, il ne l’abandonne pas aussitôt pour passer au suivant. Mais il le répète et l’utilise maintes fois jusqu’à ce qu’il lui devienne familier. La Méthode Suzuki utilise ce même principe de la répétition et de la redite, en musique. Les enfants continuent à jouer leurs morceaux après qu’ils les aient appris, afin d’acquérir facilité et fluidité. Ces morceaux sont alors utilisés pour pratiquer de nouvelles techniques, et raffiner la musicalité. Ils demeurent dans le « vocabulaire musical » pour toujours.
  • Encouragements : Le premier rôle de parent est d’encourager l’enfant sincèrement. De reconnaître et récompenser le travail assidu et l’effort qui entrent dans l’apprentissage d’un instrument. Apprécier les plus légers progrès donne confiance à l’enfant, qui a la satisfaction de poursuivre son but dans la joie.
  • Travail avec les autres enfants : Les enfants apprennent non seulement grâce à leurs parents et à leur professeur, mais aussi aux autres enfants. En plus des leçons particulières hebdomadaires, les enfants, qui participent aux cours de groupe étudient les principes de la musique d’ensemble, avec ce que cela implique de mise en commun des compétences de chacun, et de bonne discipline sociale. D’autre part, la musique en commun leur permet de créer une relation particulière avec d’autres enfants .
  • Progression du Répertoire : Chaque morceau dans la Méthode Suzuki est choisi en fonction des techniques et des concepts du morceau précédent. Les nouvelles difficultés sont introduites progressivement, ce qui évite les exercices fastidieux, et ne garde que le côté agréable.
  • Apprentissage retardé de la lecture : Les enfants s’expriment avec une aisance naturelle, bien avant de savoir lire et écrire leur langue maternelle. De la même manière, les enfants apprenant à tenir leur instrument avec facilité, dans la bonne posture, et produisent un beau son avant d’apprendre à lire la musique. De cette façon, ils jouent naturellement et de mémoire, avec l’aisance que donne l’absence de partition.